Faux et usage du faux, partie 3 (12.11.09)

Bonjour,

Rapide synthèse de la partie du cours consacré à la falsification. Nous avons vu que, au sein de la méthode expérimentale, ce qui différenciait la démarche scientifique d'une simple induction était la construction d'une expérience (si possible en laboratoire) permettant de tester la validité de l'hypothèse.

Pour Popper, cette expérience doit évidemment avoir le plus grand pouvoir "falsificateur" possible : le but du jeu est que les résultats obtenus ne soient conformes aux résultats anticipés sur la base de l'hypothèse QUE si l'hypothèse est valable (il ne sert à rien d'accumuler des expériences au sein desquels les résultats obtenus ont toutes les chances de vérifier les prévisions, même si l'hypothèse est fausse...). Popper rejoint donc l'idée (de Bacon) d'une "experimentum crucis".

Mais cette idée reste néanmoins... un idéal. En effet, une observation est toujours compatible avec plusieurs hypothèses... et même une infinité d'hypothèses ! Il est impossible de construire une expérience qui ne serait explicable que par UNE théorie ; en d'autres termes, il n'existe pas d'expérience absolument décisive, dont le résultat nous obligerait à admettre que l'hypothèse est nécessairement vraie, à l'exclusion de toutes les autres. Une hypothèse ne peut obtenir de l'expérience-test qu'un appui, pas une confirmation définitive. La validité absolue et définitive reste donc toujours... une hypothèse !

Prenons les choses par l'autre bout : il est impossible de prévoir avec une certitude absolue le résultat d'une expérience qui n'a pas encore été effectuée : on ne pourrait être absolument certain du résultat que si l'on était absolument certain de la validité de l'hypothèse, ce qui supposerait... qu'une expérience a pu démontrer absolument la validité de l'hypothèse. Ce qui est impossible.

En résumé : à quelles conditions pourrait-on considérer qu'une hypothèse est absolument valide, c'est-à-dire qu'elle sera toujours vérifiée par n'importe quelle expérience ? La réponse est simple : il faudrait avoir déjà réalisé la totalité des expériences possibles... ce qui est évidemment impossible (étant donné le nombre nécessairement infini des expériences possibles). En d'autres termes : aucune hypothèse ne sera jamais vérifiée ; l'expérience peut démontrer qu'elle est fausse (le résultat dément les prévisions), mais elle ne peut démontrer qu'elle est vraie (un autre résultat ultérieur peut venir falsifier les prévisions.)

 

 

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