Textes supports pour DM Art

Voici les textes dont vous pouvez vous servir pour traiter les sujets proposés pour le DM.

"A quoi sert la beauté des femmes ? Pourvu qu'une femme soit médicalement bien conformée, en état de faire des enfants, elle sera toujours assez bonne pour des économistes. A quoi bon la musique ? à quoi bon la peinture ? Qui aurait la folie de préférer Michel-Ange à l'inventeur de la moutarde blanche ? Il n'y a de vraiment beau que ce qui ne peut servir à rien ; tout ce qui est utile est laid, car c'est l'expression de quelque besoin, et ceux de l'homme sont ignobles et dégoûtants, comme sa pauvre et infirme nature. - L'endroit le plus utile d'une maison, ce sont les latrines. Moi, n'en déplaise à ces messieurs, je suis de ceux pour qui le superflu est le nécessaire, - et j'aime mieux les choses et les gens en raison inverse des services qu'ils me rendent. Je préfère à certain vase qui me sert un vase chinois, semé de dragons et de mandarins, qui ne me sert pas du tout."

Théophile Gautier, Préface au roman Mademoiselle de Maupin (1835)

Remarque : le "vase" chinois dont il s'agit à la fin du texte est un "vase de nuit", c'est-à-dire un pot-de-chambre...

 

 

Que dites-vous ? ... c'est inutile ? ... je le sais !

Mais on ne se bat pas dans l'espoir du succès !

Non ! Non ! C'est bien plus beau lorsque c'est inutile !

Cyrano de Bergerac, dans la célèbre pièce d'Edmond Rostand.

 

 

Suspendre le jugement moral ce n’est pas l’immoralité du roman, c’est sa morale. La morale qui s’oppose à l’indéracinable pratique humaine de juger tout de suite, sans cesse, et tout le monde, de juger avant et sans comprendre. Cette fervente disponibilité à juger est, du point de vue de la sagesse du roman, la plus détestable bêtise, le plus pernicieux mal. Non que le romancier conteste, dans l’absolu, la légitimité du jugement moral, mais il le renvoie au-delà du roman. Là, si cela vous chante, accusez Panurge pour sa lâcheté, accusez Emma Bovary, accusez Rastignac, c’est votre affaire ; le romancier n’y peut rien.

Milan Kundera, Les Testaments trahis, I

 

 

"L'art pour l'art. - La lutte contre la fin en l'art est toujours une lutte contre les tendances moralisatrices dans l'art, contre la subordination de l'art sous la morale. L'art pour l'art veut dire : « Que le diable emporte la morale ! ». -Mais cette inimitié même dénonce encore la puissance prépondérante du préjugé. Lorsque l'on a exclu de l'art le but de moraliser et d'améliorer les hommes, il ne s'ensuit pas encore que l'art doive être absolument sans fin, sans but et dépourvu de sens, en un mot, l'art pour l'art - un serpent qui se mord la queue. « Etre plutôt sans but, que d'avoir un but moral ! » ainsi parle la passion pure. Un psychologue demande au contraire : que fait toute espèce d'art ? ne loue-t-elle point ? ne glorifie-t-elle point ? […] La puissance vitale de l'artiste, son désir d'épanouissement n'est-il pas la condition première de l'art ? L'instinct le plus profond de l'artiste va-t-il à l'art, ou bien n'est-ce pas plutôt au sens de l'art, à la vie, à un désir de vie ? - L'art est le grand stimulant à la vie : comment pourrait-on l'appeler sans fin, sans but, comment pourrait-on l'appeler l'art pour l'art ?"

Friedrich NIETZSCHE,  Le Crépuscule des Idoles, § 24, trad. H. Albert, UGE, 10/18, pp. 94-95

 

Tu me dis laisse un peu l’orchestre des tonnerres

Car par le temps qu’il fait il est de pauvres gens

Qui ne pouvant chercher dans les dictionnaires

Aimeraient des mots ordinaires

Qu’ils puissent tout bas répéter en songeant

Que ton poème soit l’espoir qui dit A suivre

Au bas du feuilleton sinistre de nos pas

Que triomphe la voix humaine sur les cuivres

Et donne une raison de vivre

A ceux que tout semblait inviter au trépas

Que ton poème soit dans les lieux sans amour

Où l’on trime où l’on saigne où l’on crève de froid

Comme un air murmuré qui rend les pieds moins lourds

Un café noir au point du jour

Un ami rencontré sur le chemin de croix

Aragon, Ce que dit Elsa (extrait)

 

 

"On n'écrit pas pour des esclaves. L'art de la prose est solidaire du seul régime où la prose garde un sens : la démocratie. Quand l'une est menacée, l'autre l'est aussi. Et ce n'est pas assez que de les défendre par la plume. Un jour vient où la plume est contrainte de s'arrêter et il faut alors que l'écrivain prenne les armes. Ainsi de quelque façon que vous y soyez venu, quelles que soient les opinions que vous ayez professées, la littérature vous jette dans la bataille; écrire c'est une certaine façon de vouloir la liberté ; si vous avez commencé, de gré ou de force vous êtes engagé.

Engagé à quoi ? demandera-t-on. Défendre la liberté, c'est vite dit. S'agit-il de se faire le gardien de valeurs idéales […] ou bien est-ce la liberté concrète et quotidienne qu'il faut protéger, en prenant parti dans les luttes politiques et sociales ? La question est liée à une autre, fort simple en apparence, mais qu'on ne se pose jamais : "pour qui écrit-on?" "

Jean-Paul Sartre, Qu'est-ce que la littérature ?

Pour terminer, quelques liens pour nourrir d'éventuelles réflexions sur la censure :

http://www.rue89.com/confidentiels/2010/02/11/une-artiste-chinoise-censuree-par-les-beaux-arts-de-paris-137898

http://arts.fluctuat.net/blog/34041-l-art-contemporain-aboie-la-police-censure.html

http://savatier.blog.lemonde.fr/2009/06/27/lart-la-censure-et-larticle-227-24/

http://www.minutebuzz.com/2010/12/13/du-street-art-censure-par-le-musee-dart-contemporain-de-los-angeles/

http://lepetitcelinien.blogspot.com/2011/02/faut-il-publier-tout-celine.html

http://www.securikids.fr/parents/ville/securite/1759

http://philosophie.blogs.liberation.fr/noudelmann/2009/03/lart-au-marteau.html

Le dernier lien (qui fait allusion à mes poissons rouges favoris) contient une analyse intéressante. 

 

 

 

 

 

 

 

 

"On n'écrit pas pour des esclaves. L'art de la prose est solidaire du seul régime où la prose garde un sens : la démocratie. Quand l'une est menacée, l'autre l'est aussi. Et ce n'est pas assez que de les défendre par la plume. Un jour vient où la plume est contrainte de s'arrêter et il faut alors que l'écrivain prenne les armes. Ainsi de quelque façon que vous y soyez venu, quelles que soient les opinions que vous ayez professées, la littérature vous jette dans la bataille; écrire c'est une certaine façon de vouloir la liberté ; si vous avez commencé, de gré ou de force vous êtes engagé.
Engagé à quoi ? demandera-t-on. Défendre la liberté, c'est vite dit. S'agit-il de se faire le gardien de valeurs idéales […] ou bien est-ce la liberté concrète et quotidienne qu'il faut protéger, en prenant parti dans les luttes politiques et sociales ? La question est liée à une autre, fort simple en apparence, mais qu'on ne se pose jamais : "pour qui écrit-on?" "

Jean-Paul Sartre, Qu'est-ce que la littérature ?

"On n'écrit pas pour des esclaves. L'art de la prose est solidaire du seul régime où la prose garde un sens : la démocratie. Quand l'une est menacée, l'autre l'est aussi. Et ce n'est pas assez que de les défendre par la plume. Un jour vient où la plume est contrainte de s'arrêter et il faut alors que l'écrivain prenne les armes. Ainsi de quelque façon que vous y soyez venu, quelles que soient les opinions que vous ayez professées, la littérature vous jette dans la bataille; écrire c'est une certaine façon de vouloir la liberté ; si vous avez commencé, de gré ou de force vous êtes engagé.

Engagé à quoi ? demandera-t-on. Défendre la liberté, c'est vite dit. S'agit-il de se faire le gardien de valeurs idéales […] ou bien est-ce la liberté concrète et quotidienne qu'il faut protéger, en prenant parti dans les luttes politiques et sociales ? La question est liée à une autre, fort simple en apparence, mais qu'on ne se pose jamais : "pour qui écrit-on?" "

 

Jean-Paul Sartre, Qu'est-ce que la littérature ?

 

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